16/08/2026
« Plus jamais la restauration. C’est beaucoup trop dur. »
C’est à peu près ce que Servane nous avait dit à la fin de l’été dernier.
En juillet 2025, à 18 ans, elle débutait son tout premier emploi et sa toute première saison comme serveuse au Nazaire.
C’était aussi notre premier été à la tête de la crêperie.
Soyons honnêtes : nous étions stressés, anxieux, très exigeants… et probablement parfois un peu trop. Nous découvrions la réalité d’une saison estivale en même temps qu’elle découvrait le métier de serveuse.
Et pourtant, Servane a tenu.
Elle a appris vite. Très vite.
Elle a trouvé sa place auprès de l’équipe, mais aussi auprès des clients, avec ce sourire, cette simplicité et ce naturel qui ne s’apprennent pas vraiment.
Elle n’a jamais rechigné devant le travail.
Elle n’a jamais été absente.
Elle a couru des kilomètres entre la salle, la terrasse et la plonge.
Et elle a probablement essuyé assez de verres pour ne plus jamais vouloir en voir un seul de sa vie.
À la fin du mois d’août, elle nous avait remerciés pour la saison avant de nous expliquer, avec beaucoup de sincérité :
« Maintenant, je sais pourquoi il faut absolument que je continue mes études. La restauration, c’est trop difficile. Plus jamais ! »
Nous avions ri.
Et, quelque part, nous étions heureux que cette expérience lui donne encore davantage envie d’aller au bout de ses projets.
Parce que Servane fait partie de tous ces jeunes pour lesquels Mégane et moi avons énormément de respect : ceux qui travaillent pendant les mois de juillet et août pour financer leurs études, leur logement et construire leur avenir.
Pendant l’hiver, elle est revenue déjeuner à la crêperie avec sa famille.
Puis, un jour de printemps, elle est venue nous voir :
« Vous me reprenez cet été ? »
Nous avons d’abord été très surpris.
Puis très heureux.
Parce qu’au-delà de ses mots sur la difficulté du métier, elle avait visiblement gardé quelques bons souvenirs de son premier été avec nous.
Alors Servane est revenue pour cette saison 2026.
Et elle n’a pas changé.
Toujours aussi pétillante.
Toujours aussi souriante.
Toujours aussi agréable avec les clients et avec ses collègues.
Toujours volontaire, fiable et professionnelle.
Elle poursuit aujourd’hui ses études à Paris et partira l’année prochaine étudier à Lyon.
Mais elle nous a déjà annoncé qu’elle comptait revenir travailler avec nous pendant ses vacances au cours des prochaines années.
Sept ou huit saisons, paraît-il.
Nous n’avons pas encore préparé son contrat jusqu’en 2034, mais nous prenons bonne note.
Servane ne fera probablement jamais carrière dans la restauration.
Et ce n’est pas grave.
Notre rôle n’est pas seulement de former des serveurs ou des serveuses. C’est aussi, à notre petite échelle, d’accompagner des jeunes pendant quelques mois de leur vie, de leur transmettre le goût du travail bien fait et, parfois, d’apprendre nous-mêmes à devenir de meilleurs employeurs.
Alors aujourd’hui, nous voulions simplement lui dire merci.
Merci pour son travail.
Merci pour sa confiance.
Merci d’être revenue malgré les milliers de verres.
Et surtout, merci de nous rappeler qu’une saison, ce ne sont pas seulement des couverts, du chiffre d’affaires et des journées bien remplies.
Ce sont aussi des rencontres qui comptent.
Mégane & Guillaume