05/10/2026
Il y a aujourd’hui deux IA qui m’intéressent.
Celle dont tout le monde parle : l’Intelligence Artificielle.
Et celle mise à l’honneur à la Grande Rencontre Annuelle du Collège Culinaire de France : l’Intelligence Artisanale.
Et je crois que j’ai besoin des deux.
Oui, j’utilise l’IA pour analyser, chercher, challenger mes idées, gagner du temps et même, soyons cohérents, m’aider à mettre en mots cette journée.
Mais elle ne fait pas tout à notre place.
Elle ne goûte pas un produit avec nous.
Elle ne serre pas la main de celui qui l’a fait naître.
Elle ne ressent pas l’attachement au territoire.
Elle ne connaît pas l’histoire d’un savoir-faire.
Elle ne choisit pas le modèle alimentaire que nous voulons soutenir.
C’est peut-être là que commence l’Intelligence Artisanale.
Dans le geste, bien sûr.
Mais surtout dans le choix.
Choisir un producteur plutôt qu’un catalogue.
Choisir un artisan plutôt qu’un produit standardisé.
Choisir une origine, une saison, une histoire.
Et surtout : savoir pourquoi on le fait.
Aujourd’hui, entouré de restaurateurs, producteurs, artisans et personnes engagées, dont Alain Ducasse et Alain Dutournier, j’ai entendu parler de qualité, passion, responsabilité, territoire et transmission.
Mais aussi d’un terme très juste : HVR — Haute Valeur Relationnelle.
Notre métier n’est pas qu’une succession de transactions.
Un producteur n’est pas une ligne d’achat.
Un restaurateur n’est pas qu’un transformateur.
Un client n’est pas qu’un ticket moyen.
Entre les trois, il y a une relation.
Après les prises de parole est venu le Grand Marché Complice.
Et là, les concepts sont devenus concrets : des hommes et des femmes, des produits à goûter, des histoires à écouter, des convictions à comprendre.
Et de belles découvertes de producteurs avec qui j’espère prolonger les échanges.
Tout cela me ramène à Saint-Nazaire et à ce que nous essayons de construire avec Mégane au Nazaire.
Nous ne faisons pas notre beurre, notre sarrasin ou notre cidre.
Notre responsabilité est ailleurs : choisir ceux qui les font, les connaître, comprendre leur travail, respecter leur produit, puis le transmettre honnêtement dans l’assiette.
Je suis convaincu que la qualité n’est pas qu’une caractéristique d’un produit.
C’est une manière de penser. Peut-être même une manière d’être citoyen.
À une époque où un clic permet de commander presque n’importe quoi, presque n’importe où, l’esprit de la main face à l’automatisme du clic me semble très contemporain.
L’avenir de nos métiers ne sera probablement pas un combat homme-machine.
Il se jouera peut-être dans notre capacité à réunir l’Intelligence Artificielle et l’Intelligence Artisanale.
La technologie peut nous faire gagner du temps.
À nous de décider ce que nous voulons en faire.
Merci au Collège Culinaire de France aux organisateurs, artisans, producteurs et restaurateurs rencontrés.
Certaines discussions devraient avoir une suite.
Et c’est probablement cela, finalement, la Haute Valeur Relationnelle.