15/09/2026
📖 Écoutons les livres de comptes…
Épisode 6 – Quand le pain devenait toute une aventure 🥖
Aujourd’hui, acheter son pain est une chose toute simple : on pousse la porte de la boulangerie… et on ressort avec sa baguette.
Mais pendant les années de guerre, au Verdier, à Saint-Jean-Soleymieux, le pain demandait bien plus d’organisation. 🥖
La famille devait régulièrement se rendre au moulin pour faire transformer le seigle en farine.
Et une telle expédition ne se faisait pas en cinq minutes !
Avec les deux vaches, il fallait parcourir 10 à 15 kilomètres pour rejoindre le moulin. On emportait plusieurs « doubles décalitres » de seigle.
Au retour, le meunier rendait une partie sous forme de farine, ainsi que du « reprin », destiné aux animaux. Une partie du grain servait donc directement à nourrir la famille… et l’autre à nourrir le bétail.
Pendant la guerre, le père note avec beaucoup de précision les allers-retours au moulin et à la boulangerie :
combien de seigle apporté, combien de farine récupérée, combien de reprin, combien de farine donnée au boulanger… et même combien de pains étaient fabriqués.
📖 Le 1er avril 1942, par exemple, 95 kg de farine sont livrés au boulanger Gagnaire, à Gumières.
Quelques semaines plus t**d, les comptes permettent même de suivre la fabrication des pains :
170 kg de farine pour 34 pains.
Et pour aller chercher ce pain à Gumières, les habitants du hameau s'organisaient à tour de rôle.
Chaque mercredi, une famille partait avec les vaches chercher le pain pour plusieurs foyers. 🐄🥖
On imagine facilement ces départs matinaux sur les chemins, avec les sacs de farine, les pains à rapporter… et certainement quelques nouvelles échangées au passage.
Et puis il y avait les fameux tickets de pain, qui ajoutaient encore aux contraintes du quotidien.
Le pain n'était donc pas simplement un aliment posé sur la table.
Il fallait produire le grain, le transporter, le faire moudre, récupérer la farine, la donner au boulanger, puis rapporter le pain à la maison.
Tout cela alors que les restrictions, les réquisitions et les pénuries compliquaient déjà la vie quotidienne.
Et pourtant… dans ces cahiers, pas de grands discours.
Juste des chiffres, des dates, quelques lignes.
Mais derrière ces lignes, on devine les trajets, les sacs chargés, les attelages, les files d'attente, l'organisation entre voisins… et surtout l'importance d'un simple morceau de pain.
🥖 Quand on mesure tout ce qu'il fallait faire autrefois pour avoir du pain sur la table, on ne peut plus regarder notre baguette de la même façon…
👉 Et chez vous, avez-vous entendu parler des moulins où vos parents ou grands-parents allaient faire moudre le grain ?
👉 Est-ce que quelqu'un dans votre famille se souvient encore de ces trajets pour aller chercher le pain pendant la guerre ?
📷 Photos d’illustration, pour évoquer l’époque.