04/06/2026
Aider des jeunes déscolarisés à retrouver leur voie : une boulangerie de Rouen prépare un centre de formation inédit
Bihorel. Face aux difficultés rencontrées par de nombreux jeunes pour accéder à la formation et à l’emploi, la boulangerie Maison Vilain, située route de Neufchâtel entre Rouen et Bihorel, porte un projet original : la création d’un centre de formation préparatoire destiné aux jeunes en difficulté.
À l’origine de cette initiative, Alexandre Vilain, cogérant de l’entreprise familiale, part d’un constat simple : certains jeunes ne trouvent leur place ni dans le système scolaire classique ni dans les dispositifs de formation existants.
« La vie ne fait pas de cadeaux à tout le monde », résume-t-il.
L’objectif est donc de proposer, à partir de septembre 2027, un parcours permettant à ces jeunes de reprendre confiance en eux, de découvrir un métier et d’acquérir les bases nécessaires avant d’intégrer un CAP boulangerie-pâtisserie.
Une classe préparatoire avant le CAP
Cette formation préqualifiante accueillera quinze jeunes âgés de 15 à 21 ans.
Le public visé est volontairement large : jeunes en décrochage scolaire, personnes vivant en foyer, jeunes présentant des troubles du spectre autistique, des troubles de l’attention ou certaines formes de handicap.
Plus largement, le dispositif s’adresse à tous ceux qui peinent à trouver une solution adaptée à leur situation et qui ont besoin d’un accompagnement renforcé avant d’intégrer une formation diplômante.
L’ambition n’est pas de remplacer les cursus existants mais de construire une passerelle vers l’apprentissage et l’emploi.
Un nouveau centre à proximité de la boulangerie
Pour accueillir cette promotion, un nouveau centre d’environ 200 m² doit voir le jour à proximité immédiate de la boulangerie.
Les jeunes y seront accueillis du lundi au vendredi dans un environnement conçu pour favoriser l’apprentissage, la transmission des savoir-faire et l’insertion professionnelle.
L’organisation de la journée reposera sur un modèle alternant pratique et enseignement.
Le matin en laboratoire
De 6 heures à 10 heures, les participants travailleront directement en laboratoire.
Ils découvriront la fabrication du pain, des viennoiseries et les principales techniques du métier. Cette immersion leur permettra également d’apprendre les règles d’hygiène, les exigences de qualité et les codes de l’entreprise.
L’objectif est de les placer rapidement dans des conditions proches de celles qu’ils retrouveront ensuite en apprentissage.
Des enseignements fondamentaux l’après-midi
Après une pause, les jeunes poursuivront leur journée par des cours dispensés entre 10h30 et 13h30.
Au programme : français, mathématiques, éducation civique et accompagnement vers l’autonomie.
Ces enseignements doivent permettre de consolider les connaissances indispensables à la réussite d’un parcours professionnel durable.
Une formation rémunérée
Les jeunes accueillis seront rémunérés pendant toute la durée de leur parcours.
Cette année préparatoire doit leur permettre de construire progressivement leur projet professionnel tout en bénéficiant d’un cadre structurant et bienveillant.
À l’issue de cette première étape, ils pourront intégrer un CAP ou poursuivre leur parcours au sein d’autres dispositifs adaptés.
Des contrats d’insertion après la formation
La Maison Vilain souhaite également aller plus loin en proposant, après le CAP, des contrats à durée déterminée d’insertion (CDDI) pouvant aller jusqu’à 24 mois.
L’objectif est de donner aux jeunes une expérience professionnelle supplémentaire avant leur entrée définitive sur le marché du travail.
Cette continuité doit permettre de sécuriser les parcours et de favoriser une insertion durable dans les métiers de la boulangerie-pâtisserie.
Un projet à la recherche de partenaires
Pour mener à bien ce projet, l’entreprise recherche aujourd’hui des partenaires susceptibles de participer à son financement et à son développement.
Une part importante sera autofinancée par la structure, mais les besoins liés à la formation, à l’accompagnement social et aux contrats d’insertion nécessiteront également l’appui d’acteurs publics et privés.
À travers cette initiative, Maison Vilain souhaite démontrer que l’artisanat peut être bien plus qu’un simple métier : un véritable outil d’inclusion, de transmission et de construction de l’avenir.
Car derrière les fournées de pain et les vitrines de pâtisseries se cache une ambition simple : permettre à des jeunes qui ne trouvent pas leur place aujourd’hui de construire leur avenir professionnel dans un cadre exigeant, bienveillant et accessible à tous.