Vers 1908, Madame Boulanger mère, acquiert à deux pas de la demeure du célèbre pianiste et ami Raoul Pugno (1852-1914), un ensemble de trois bâtiments baptisé Les Maisonnettes. Nadia l’aînée, exceptionnellement douée, compose et enseigne tout en instruisant « à la manière d’un grand frère » Lili sa cadette. À 19 ans, elle est la première femme à remporter le premier Grand prix de Rome de compositi
on musicale. Cette précocité marquée par la maladie qui devait l’emporter à l’âge de 24 ans, s’achève par un chef-d'œuvre ultime "Pie Jesu" dicté sur son lit de mort à Nadia. Au début des années vingt, Nadia Boulanger s’affirme dans sa vraie vocation : l’enseignement. À Gargenville, Mademoiselle dirige « allegro » les étés d’Hanneucourt, logeant ses élèves aux Maisonnettes et dans ses maisons alentours qu’elle fait toutes relier entre elles par le téléphone. Chacun se plie aux exigences domestiques tout comme au rythme de travail imposé par la maîtresse des lieux ; on lave les poireaux destinés au potage du soir tout en répétant mentalement tel ou tel passage difficile d’une œuvre de Schubert ou de Josquin des Prés. Avec « la Boulangerie » Gargenville deviendra jusqu’en 1937 mondialement réputée, les Maisonnettes y battront comme le cœur du monde de l’enseignement musical. Nadia Boulanger qui aura été pendant près de soixante-quinze ans le professeur le plus célèbre du monde, est entrée de son vivant dans l’histoire de la musique. Les plus grands de Aaron Copland à Astor Piazzola, de Léonard Bernstein à Michel Legrand auront été ses élèves. Aujourd’hui encore planent ici les présences d’Igor Markevitch, de Dinu Lipatti, celle de Jean Françaix, de Raoul Pugno, de Lili et Nadia Boulanger. En 1998, la ville de Gargenville acquiert Les Maisonnettes dans le but de valoriser et de conserver cette part d'histoire. Peu à peu, l'ancienne demeure des soeurs Boulanger devient un véritable lieu de mémoire vivante. Depuis 2011, l’auditorium, véritable salon de musique convivial et familial de 65 places, accueille de nombreux événements. Le piano Pleyel 1925 sur lequel ont joués Nadia Boulanger et de nombreux talents, participe à « l’atmosphère incomparable » du lieu. En 2014, Les Maisonnettes reçoivent le Label "Maison des Illustres" décerné par la Direction Régionale des Affaires Culturelles pour promouvoir cette maison d'artistes.