13/05/2026
Je m’appelle Mélanie Sabin, et mon métier commence bien avant le levain…
Il commence dans la terre.
Je suis boulangère paysanne : je sème, je cultive, je récolte, je mouds et je transforme chaque grain que je fais pousser. Mon pain ne naît pas dans un fournil : il naît dans un champ, sous le vent, sous le soleil, sous la pluie, au rythme des saisons.
Pendant longtemps, je me suis demandée où était passé le vrai goût du pain, celui qui raconte d’où il vient. Alors j’ai choisi de revenir à l’essentiel : des variétés anciennes, du levain vivant, du temps, mes mains… et beaucoup de patience.
Ici, rien n’est standardisé.
Chaque levée, chaque fournée, chaque mie raconte une histoire.
L’histoire d’un grain que j’ai vu poussé, d’une farine que j’ai moi-même moulue, d’un geste transmis, d’un savoir-faire qui se respecte.
Être boulangère paysanne, ce n’est pas seulement faire du pain.
C’est accepter de vivre au rythme de la nature, de se lever quand la nuit est encore noire, de tendre l’oreille pour écouter un levain, de se réjouir d’une belle grigne comme d’une petite victoire.
C’est un métier rude, parfois fatiguant, mais infiniment vrai.
Et quand je sors une fournée du four, quand la croûte chante.
Alors je sais pourquoi je fais tout ça.
Mon pain n’est pas parfait.
Il est vivant.
Et c’est pour ça que je l’aime.