10/15/2026
Nesrin est une force tranquille qui a attendu lâaube de ses quarante ans pour entamer sa propre rĂ©volution. Originaire de Syrie, elle arrive Ă MontrĂ©al en 2011, poussĂ©e par la guerre. Elle cherche la paix, la stabilitĂ©, et un avenir plus libre et plus sĂ»r pour ses enfants.
Elle se dĂ©crit dâabord comme une mĂšre. Longtemps, sa place a Ă©tĂ© Ă la maison. Travailler est arrivĂ© t**d, Ă 41 ans. Un pas immense pour une femme qui, pendant des annĂ©es, nâosait pas parler français au tĂ©lĂ©phone ni rĂ©gler seule les dĂ©marches du quotidien.
Son arrivée à Montréal a été déroutante : un appartement isolé, sans voiture, sans internet la premiÚre année, une ville à apprivoiser, des rÚgles nouvelles, la neige, les transports, les écoles à trouver pour les enfants. « Tout était comme une nouvelle planÚte », se souvient-elle.
Son plus grand dĂ©fi fut la langue. Refusant les parcours classiques de francisation, Nesrin apprend seule, avec des livres empruntĂ©s Ă la bibliothĂšque, puis grĂące Ă internet et aux rĂ©seaux sociaux. Peu Ă peu, les mots deviennent familiers. Le courage de parler vient ensuite. Aujourdâhui, elle le dit avec fiertĂ© : « Je fais tout toute seule ».
Pour elle, le travail nâest pas seulement un salaire. Câest la preuve quâelle existe par elle-mĂȘme. Ne plus dĂ©pendre de son mari, pouvoir aider ses enfants, comprendre une lettre du gouvernement, appeler un mĂ©decin : autant de gestes simples qui ont transformĂ© sa vie.
Son message est simple : il nâest jamais trop t**d.
âFais quelque chose pour toi, pas juste pour ta familleâ.
Une valeur de libertĂ© quâelle veut aussi transmettre Ă sa fille.
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đ Merci Ă Nesrin pour sa confiance et pour ce prĂ©cieux partage qui rend plus concret les rĂ©alitĂ©s d'un parcours migratoire.
đ· Merci Ă Gean Cartier pour ces belles photos portrait.