08/06/2025
Mon papa, ma famille , mâont toujours dit gamin et je mâen souviens trĂšs bien, que lorsquâon ne sait pas, il nây a que deux options, soit on demande ou on se renseigne, soit on ferme sa gâŠ
Aujourdâhui, et câest lâun des grands maux de notre sociĂ©tĂ©, on me rapporte bcp de rĂ©actions sur les rĂ©seaux suite Ă la fermeture de notre Ă©tablissement de BĂ©thune, dâattaques perso, pro et autres bassesses, Ă©crites par des gens bien cachĂ©s derriĂšre leurs Ă©crans qui parlent de sujets quâils ne connaissent pas, parce que oui aujourdâhui on a un bel outil quâest Facebook, mais bon ce nâest pas pcq tu as une plateforme que tu as le droit dâouvrir ta bouche sur des sujets que tu ne connais pas, encore moins que tu as raison. Avant, seuls ceux qui savaient Ă©taient Ă©coutĂ©s ou lus, aujourdâhui on tire tout le monde vers le bas car nâimporte quel bĂ©otien se fait passer pour un Ă©rudit, et quâil faudrait sâexcuser dâĂ©clairer ceux qui parlent sans savoir. Je ne vais pas mâexcuser, ni me plaindre de bo**er comme un chien, ni dâapporter la vĂ©ritĂ© sur un tissu de conneries Ă©crites par des gens qui ne savent pasâŠ
Je suis cuisinier avant tout. Ce que jâaime par-dessus tout, câest crĂ©er, donner du plaisir, faire des services, ĂȘtre au contact des gens. Câest pour ça que je continue Ă le faire chaque jour. Jâai jamais eu la folie des grandeurs. Travailler comme je le fais, avec mes convictions â sur lâorigine des produits, sur lâhumain â ça a un coĂ»t, ça demande de lâĂ©nergie, de lâinvestissement. Mais je lĂąche pas. Jâai jamais cherchĂ© Ă surfer sur une notoriĂ©tĂ© ou Ă me faire des co****es en or.
Je refuse les collabs, des voitures gratuites en échange de posts, les contrats à plus de 100 000 euros pour mettre ma couenne sur une boßte de conserve et tout ce qui va avec, parce que je suis pas là pour ça, que je ne suis personne. Je fais des choix. Et je me dois de consacrer ce temps-là à mes équipes, à mes restos.
Quand on fait en essayant de faire bien, avec des principes, on est souvent le premier à passer devant le tribunal des bien-pensants sur les réseaux.
Les gens jugent sans poser de questions, sans chercher Ă comprendre.
Entendre des critiques constructives, je sais faire. Mais lire des attaques gratuites sur moi, Ă©crites par des gens qui mâont jamais rencontrĂ©, sans une once dâhumanitĂ©, câest dur. Pas parce que je suis touchĂ© dans un pseudo ego ou autre, juste parce que ces personnes lĂ fantasment une image loin de la rĂ©alitĂ©, me lâimposent, et dur car ma nature nâest pas dâĂȘtre spectateur de la bĂȘtise sans tenter dâexpliquer Ă un fou quâil est fou.
Yâen a beaucoup qui se dispensent de rĂ©flĂ©chir. On leur donne un clavier, et ils se croient experts sur des sujets quâils ne maĂźtrisent pas.
Le but, câest sĂ»rement de blesser. Et ouais, câest rĂ©ussi. Mais faut pas compter sur moi pour rester assis et tendre la joue gauche.
Je dors sur mes deux oreilles et peux me regarder dans le miroir. Ces mĂȘmes personnes si elles prenaient ma place ne serait ce quâune semaine seraient en boule au fond de leurs lits car gĂ©rer plus de 100 personnes, bo**er 6,5 jours / semaine du matin Ă la nuit et Ă©teindre les feux qui sâallument tout seuls chaque jour, sans prendre 1 ⏠de salaire sur mes restos câest du sport.
Jâai ouvert bcp dâadresses ces derniĂšres annĂ©es, plus que prĂ©vues, parce que les projets Ă©taient beaux, parce quâil y avait du sens, parce que je crois quâil y a encore tellement Ă faire â pour les gens, pour Ă©tendre une autre façon de bo**er, de consommer, de faire plaisir.
Mais câĂ©tait aussi pour rebondir. Parce quâon mâa trahi, que jâai Ă©tĂ© volĂ©. Parce que je suis tombĂ© sur les mauvaises personnes ou quâelles sont tombĂ©es sur un gars qui bosse dur et qui pense naĂŻvement quâon peut donner une confiance totale et aveugle quand on aime, et que ces chiffres notĂ©s sur un compte ce nâest pas ce qui me fait me lever chaque matin, car en soit ça nâexiste pas vraiment, ou que ce nâest pas le but de la vie. Bref je me suis fait ba**er on nous a annoncĂ© y a 2,5 ans quâon Ă©tait mathĂ©matiquement morts Ă cause de ces personnes alors que les restaurants tournent ⊠et câest pour cela par exemple que BĂ©thune, câest terminĂ©, au delĂ de lâaspect financier, câest lâaffection pour mon Ă©quipe qui me touche, on a essayĂ©, ça nâa pas fonctionnĂ© car jâai hĂ©ritĂ© dâun restaurant ouvert 2 ans aprĂšs la date prĂ©vue, oĂč lâenveloppe travaux a Ă©tĂ© largement dĂ©passĂ©e par les personnes en charge de ce travail, lâingĂ©rence et les trahisons dont je parlais plus tĂŽt⊠le business de la restauration nâest pas toujours simple, et nâavoir que des restaurants qui cartonnent pourrait donner lâimpression de chance, quand on bosse autant quâon bosse, en relativisant, ne pas compter sur la chance est plutĂŽt sain ⊠mais on est encore lĂ , avec ceux qui bossent et qui y croient. On ne nous met pas Ă terre, on approche parfois un genou du sol, mais on ne sâarrĂȘtera pas Ă cause de ces profiteurs. Pas par fiertĂ©, mais par Ă©ducation et parce quâon est conscients quâon donne tout. On a montĂ© tout ça grĂące Ă notre travail, Ă la rĂ©silience, et avec une foi inĂ©branlable en notre projet. Nous nâavons pas dâinvestisseur derriĂšre nous, vous ĂȘtes nos business angels Ă chacune de vos visites chez nous.
Je suis pas lĂ pour me justifier mais yâa une vĂ©ritĂ© Ă rĂ©tablir apparemment. Je vis pas dans une tour Ă appuyer sur des boutons. Et je mâen fous dâavoir ma tĂȘte Ă la une de je ne sais quel article.
Tout ce que je fais, je le fais avec le cĆur. Avec du travail. Parce que jâai grandi dans ces valeurs-lĂ , Ă lâauberge. Parce que jâai vu mon pĂšre bo**er comme ça.
Ma journĂ©e commence⊠et je sais jamais quand elle sâarrĂȘte, si elle sâarrĂȘte.
Le Mont Noir, et tout le reste, câest moi, mon pĂšre, mes proches. Des journĂ©es et des soirĂ©es entiĂšres. Câest que des histoires comme ça. On se dĂ©merde toujours.
Parce que ouais, il y a toujours beaucoup plus derriĂšre lâimage quâon croit voir.
Et je vais continuer. Faire tout ce que je fais, chaque jour. Pas pour prouver Ă ces dĂ©tracteurs aussi bĂȘtes que mĂ©chants quâils ont tort.
Mais parce que je sais pourquoi et comment je travaille. Je sais pourquoi jâai fait ces choix et pourquoi je ne ferai pas un pas de cĂŽtĂ© quant Ă mes convictions, mĂȘme si ce combat pourrait paraĂźtre perdu dâavance il me semble important de le mener, de pouvoir dire Ă mes enfants quand je serai plus abĂźmĂ© par le travail que bcp de pĂšres de leurs potes que jâai fait ça pour montrer que câĂ©tait possible, par amour, entourĂ© de gens extraordinaires, et que la vie câest pas forcĂ©ment suivre des chemins tout tracĂ©s, que leur papa et ses collĂšgues nâont jamais baissĂ© les yeux ni leurs frocs pour quoique ce soit, face a qui que ce soit.
Je cherche pas Ă plaire Ă tout le monde. Je donne rarement du temps Ă ces conneries, parce que jâai dĂ©jĂ assez Ă vivre.
Mais je fuis pas lâadversitĂ©, la bĂȘtise ni la mĂ©chancetĂ© gratuite. Je viens de Flandre, du rugby, jâai dĂ©jĂ bossĂ© pour deux vies et il me reste assez dâĂ©nergie pour en faire au moins autant ⊠tout en prenant le temps de fermer les grandes bouches des poissons clowns qui hurlent dans le noir, avec ce dĂ©sir partiellement masquĂ© de les casser.
Maintenant vous en savez plus, sachez que depuis 3 ans, on a encore plus besoin de vous que jamais, quâon bosse plus que jamais dans un contexte global qui nâa jamais Ă©tĂ© aussi fragile pour tous, mais quâon ne changera pour rien au monde le fait de bo**er avec nos voisins, pour nos voisins, et que quitte Ă vivre, autant le faire Ă 1000 Ă lâheure, quitte Ă mourrir, autant le faire libre.
Je vous aime (presque) tous,
â€ïž
Flo.
©ïžCĂ©lia Swaenepoel