08/02/2026
08.02.2026
Le bruit de l'eau qui dégringole des toits en acier.
Graviers tintant leur évanescence.
Le beau m'inonde avec une lascivité de chat endormi. Ce silence de l'âme qui contemple, de ses 5 sens, et qui en est toute enivrée de paisible contentement.
Ce silence du cœur qui comble ses fissures.
C'est éphémère. Mais c'est toujours accessible.
Boire à cette coupe délicate ne nécessite qu'un coeur nu, et une forêt.
Parfois, la musique aide à faire danser les arbres, à épouser la douceur de la respiration des collines.
Parfois, elle ajoute quelques étincelles dans les angles des yeux et les gouttes de pluie deviennent un or plus précieux qu'un esprit tranquille. Elles chantent en rigolant dans le cœur une comptine qui gonfle comme un ténor et fait pétiller le sang dans les veines. Un sourire béat devient irrépressible.
Je tourne, bras en croix, le visage ouvert aux nuages qui habillent les intervalles entre les toupets des pins.
Il pleut sur mes pomettes, mes dents claires, mes cils battant en petits papillons d'hiver.
Les cloches tintent.
La forêt craque.
Les chèvres font claquer leurs oreilles en secouant la tête.
J'ai de l'eau dans les bottes et les cuisses froides.
Comme j'exhale ma candeur en buée blanche, le temps de rentrer s'assied sur mon épaule, et tout le monde nous suit jusqu'au bercail.
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Dans l'oeil du cabri, la feuille de guimauve fait une auréole verte sur le noir des chênes.
J'y ai vu le courant du ciel traîner ses nuages.
J'y ai vu la mouche heurter un coude de vent.
Et mon propre visage, énorme et rond, tendre sa tendresse impérieuse.
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S'il est un silence à vénérer, je choisis celui des bêtes.
Les bêtes qui dorment, grognent, ruminent, choquent leurs cornes et leurs flancs, frottent leurs poils, grognent encore, soufflent, pètent et éternuent.
Ce silence de leur ventre dans l'herbe, ou de leur regard dans le ciel bleu.
Pour l'amour de leur silence, j'ai coupé mes ligaments aux trapèzes, et j'ai laissé mon dos se désarticuler contre les pins rugueux.
Pour le goût de terre et l'odeur de bouc, de chien et de citronnelle acide.
Pour la paix qui fume de leur échine en volutes et arabesques.
Certes. Le dos me cuit. Mais le coeur qui me gonfle jusqu'aux yeux nourrit toute mon âme jusqu'à plus faim, plus peur, plus seule.
Ce silence ne laisse personne en arrière, patte traînante.
Il te nourrit aussi bien le ventre, la tête, la langue.
Et, tout gorgé, tu repars le pied léger, énamouré sans raison, altier et aérien.