Sabrina entre les lignes

Sabrina entre les lignes Je mets des mots sur mes maux. J’écris pour comprendre, libérer, réfléchir. Je partage mon expérience humaine… et je normalise les émotions.

Quand nos outils finissent par nous contrôler...Je lis présentement La Convivialité, d’Ivan Illich, après avoir vu un re...
09/03/2026

Quand nos outils finissent par nous contrôler...

Je lis présentement La Convivialité, d’Ivan Illich, après avoir vu un reel de Léo Commune et honnêtement… j’ai parfois l’impression que ce livre n’a pas été écrit en 1973 mais qu’Illich l’a écrit la semaine dernière. 😅

On passe notre temps à parler de notre dépendance aux écrans, aux téléphones, aux algorithmes… mais Illich va beaucoup plus loin que ça. Il nous amène à réfléchir à notre relation avec les outils.

À quel moment est-ce qu’on est passé de j’utilise un outil à je dois m’adapter à l’outil ? Et par outil, on parle autant de l'objet que de l'institution comme l'école ou la médecine.

À quel moment est-ce qu’un outil qui était supposé nous rendre plus autonomes commence tranquillement à faire l’inverse?

Illich fait une distinction entre ce qu’il appelle les outils conviviaux, qui restent à notre service et nous permettent de conserver notre autonomie, et les systèmes industriels qui finissent par devenir tellement gros et complexes qu’on n’a plus vraiment le choix de fonctionner à l’intérieur de leurs règles.

Et c’est là que je me suis dit ok… 1973? Vraiment? On a dérapé depuis 😅

Parce que cette réflexion me semble encore plus actuelle aujourd'hui.

On crée des outils pour nous faire gagner du temps, des machines pour nous faciliter la vie, des systèmes pour nous offrir davantage de possibilités, et tranquillement, on se retrouve à organiser notre vie autour d’eux, a perdre notre autonomie, notre créativité et notre liberté.

L’exemple le plus flagrant reste peut-être la voiture. Cet outil qui devait nous faire gagner du temps et nous donner plus de liberté, mais qui finit par nous emprisonner quotidiennement dans des bouchons parce qu’on habite de plus en plus loin de notre travail.

Et ce n’est pas seulement le temps passé dans le trafic. C’est l’essence, les assurances, l’immatriculation, les réparations et les entretiens qu’on ne peut parfois plus faire nous-mêmes parce que les voitures sont devenues tellement plus complexes. Jusqu’à devoir payer des abonnements mensuels pour avoir accès à certaines fonctions de notre propre voiture, comme les bancs chauffants ou le démarrage à distance.

Plus on crée de technologies pour nous faciliter la vie, plus on semble parfois avoir besoin de spécialistes pour simplement les faire fonctionner.

On devrait peut-être se demander : Est-ce que cet outil me rend plus autonome… ou est-ce qu’il me rend dépendant de lui ? Ou de l'industrie qui le produit.

C’est cette partie-là de ma lecture qui me reste dans la tête.

À quel moment on a cessé d'être maître de nos vies pour devenir esclaves de nos "outils" ?

Et franchement… si un livre écrit il y a plus de 50 ans me fait regarder mon téléphone, nos outils et notre façon de fonctionner collectivement avec un petit sentiment de "on l'a échappé à quelque part", je pense qu’il mérite qu’on s’y att**de.

Je continue ma lecture. Et j’ai comme l’impression que je vais avoir encore pas mal de choses à dire sur ce livre!

Sabrina entre les lignes 🖤💚🖤

Je viens de lire un texte qui m'a beaucoup fait réfléchir.Quelqu'un demandait à une personne atteinte d'une maladie qui ...
08/29/2026

Je viens de lire un texte qui m'a beaucoup fait réfléchir.

Quelqu'un demandait à une personne atteinte d'une maladie qui la rendait 100 % dépendante des autres pour vivre comment elle faisait pour ne pas se sentir comme un fardeau pour sa famille.

Sa réponse, en gros, était : Si tu es déjà une bonne personne, ta famille ne verra probablement pas le fait de prendre soin de toi comme un fardeau. On ne devient pas une mauvaise personne parce qu'on a besoin d'aide.

Et ça m'a profondément touchée, parce que je réalise à quel point je me sens souvent comme un fardeau pour mon conjoint. Pas occasionnellement. Je dirais que 80 % du temps, cette pensée est là quelque part.

Quand je suis trop fatiguée pour faire quelque chose.
Quand j'ai besoin d'aide.
Quand je ne peux pas travailler.
Quand mon corps m'empêche de fonctionner comme je voudrais. Quand il doit prendre en charge des choses que j'aurais aimé pouvoir faire moi-même.

J'ai tellement peur que ma vie lui coûte trop cher. En énergie, en responsabilités, en liberté, en argent. J'ai peur qu'il se dise qu'il aurait été plus simple de vivre sans tout ça. En fait... il doit sûrement y penser occasionnellement... mais il choisit d'être encore là.

Je ne peux pas décider à sa place de ce qu'il ressent. Je peux me sentir coupable. Je peux avoir honte de mes limites. Je peux rêver de redevenir complètement autonome et de ne plus avoir besoin de personne.

Mais je ne peux pas transformer mes peurs en vérités. Peut-être qu'il ne me voit pas comme un fardeau. Peut-être qu'il voit simplement la personne qu'il aime qui traverse une période difficile.

Et surtout, peut-être que l'amour n'est pas un contrat où chacun doit être parfaitement fonctionnel en permanence pour avoir le droit de rester.

Si demain c'était lui qui tombait malade, est-ce que je calculerais tout ce qu'il me coûte? Est-ce que je lui demanderais de partir parce qu'il a besoin de moi? Ou est-ce que je resterais simplement parce que c'est lui?

Alors pourquoi est-ce si difficile de croire qu'il pourrait faire le même choix pour moi?

Je ne veux pas romantiser la dépendance. Je ne veux pas prétendre que c'est toujours facile pour la personne qui aide, ni pour celle qui reçoit de l'aide.

Et surtout, je ne veux pas faire semblant d'avoir eu une illumination magique. Parce que rationaliser une chose et l'intégrer, ce sont deux choses complètement différentes.

Demain, ou même ce soir, il y a de fortes chances que je me sente encore comme un poids.

Mon cerveau a compris la logique, mais mes tripes et ma culpabilité ont des années de réflexes à déconstruire.
Mais j'essaie tranquillement d'apprendre quelque chose : avoir besoin des autres ne fait pas automatiquement de nous un boulet.

Peut-être que je dois arrêter de prendre la décision à la place de ceux qui m'aiment. Ils ont le droit de choisir de rester. Ils ont le droit de m'aider. Et moi, j'ai le droit d'apprendre à leur faire confiance, même si je trébuche souvent en essayant.

Alors, les jours où c'est possible, je vais essayer de remplacer : Je suis un fardeau , par : Je traverse quelque chose de difficile, et je ne suis pas obligée de porter ça complètement seule.

C'est une petite différence dans les mots. Le chemin pour y croire vraiment, à l'intérieur, sera long et sûrement rempli de retours en arrière. Mais pour quelqu'un qui a passé tellement de temps à essayer de ne déranger personne... c'est déjà un immense premier pas.

Sabrina entre les lignes 🖤💚🖤

Pour ceux qui me suivent depuis longtemps, vous vous souvenez du mur vert olive de l’angoisse ? 😅Après 10 mois, on a enf...
08/28/2026

Pour ceux qui me suivent depuis longtemps, vous vous souvenez du mur vert olive de l’angoisse ? 😅

Après 10 mois, on a enfin terminé de peindre la salle à manger style Beetlejuice (j'ai peint le noir 🙄)

Ce n'était pas le but premier, mais il faut avouer que j'ai une passion pour Tim Burton, halloween et ma couleur préférée est le rayé noir et blanc 😍

Bon… il reste encore la bordure en bois sur le demi-mur, les cadres dorés à accrocher et probablement 72 autres idées qui me passent par le pinterest. 😂

Peut-être bientôt… ou plus t**d. On verra bien ! 🤷‍♀️

C’est aussi ça, vivre avec des douleurs chroniques : les travaux avancent quand tu peux, pas seulement quand tu veux.

Petit à petit, la maison prend une forme qui nous ressemble. 😅 Enfin… qui me ressemble surtout. 🤣

Mais chéri semble aimer mon style… en tout cas, il dit rarement non à mes idées. ❤️

Rien ne sert de courir, a dit un jour une sage tortue 😄

Sabrina entre les lignes 🖤💚🖤

Je suis née sans filtre, ni carapace. Ce qui effleure les autres me transperce.Là où certains voient de la normalité, je...
08/27/2026

Je suis née sans filtre, ni carapace. Ce qui effleure les autres me transperce.

Là où certains voient de la normalité, je vois de la violence, de la manipulation, de l’injustice, de la discrimination. Je vois les mécanismes derrière les choses. Je vois ce qu’on finit par considérer comme normal simplement parce qu’on y est habitués.

Je vois un monde où une poignée d’humains détient un pouvoir immense sur le reste de la planète.

Un monde où les ressources sont vendues, où l’eau devient une marchandise, où avoir un toit au-dessus de sa tête commence à ressembler à un privilège.

Je vois un monde de plus en plus détruit au nom du capitalisme. On détruit des écosystèmes précieux, des forêts entières, on détourne les cours d’eau, sans se soucier du vivant qui y habite et du monde que nous laisserons derrière nous.

Un monde où nous possédons de moins en moins de choses, mais où nous payons maintenant des mensualités pendant des années pour avoir le droit de les utiliser.

Je vois une nourriture qui devient toujours plus transformée et appauvrie, pendant que même les aliments naturels sont contaminés par ce que nous répandons sur nos terres.

Je vois un monde où la connexion est partout, mais où nous sommes profondément déconnectés les uns des autres.

Un monde où la violence se propage à une vitesse f***e, où la pauvreté augmente, où le coût de simplement vivre devient difficilement compatible avec un salaire.

Je vois aussi des enfants qui détestent de plus en plus ces institutions que nous appelons des écoles.

Des lieux qui devraient nourrir leur curiosité, stimuler leur intelligence et leur donner le goût d’apprendre, mais qui ressemblent parfois davantage à des systèmes de conformité, de performance et de conditionnement.

Et je pense à notre avenir. À une société où la productivité est tellement valorisée qu’on n’a plus le temps de prendre soin de ceux qui étaient là avant nous. Alors on les place ailleurs.

Dans des résidences... ou des mourroirs comme dit mon père.

Et ceux qui ont les moyens peuvent acheter davantage de soins, davantage de services, davantage de confort. Même vieillir devient une dépense. Même mourir coûte de plus en plus cher.

Et parfois, je me demande comment on peut regarder tout ça et continuer à appeler ça simplement « la vie normale ».

Peut-être que mon problème, c’est justement que je n’ai jamais réussi à m’y habituer.

Je n’ai jamais appris à détourner les yeux assez longtemps pour que l’inacceptable devienne ordinaire.

Alors oui, je suis née sans filtre. Et parfois, j’aimerais avoir une carapace. Mais une partie de moi se demande aussi : Et si ce n’était pas moi qui ressentais trop fort?

Et si nous avions simplement appris, collectivement, à ne plus rien ressentir du tout?

Sabrina entre les lignes 🖤💚🖤

J'ai le syndrome du système parfait ou de l'éternel recommencement 😅​J’ai des post-it, un tableau blanc sur le mur, un a...
08/23/2026

J'ai le syndrome du système parfait ou de l'éternel recommencement 😅

​J’ai des post-it, un tableau blanc sur le mur, un agenda papier, un agenda électronique, des listes… et d’autres listes pour ne pas oublier mes listes.

​On dirait que c’est le fun à utiliser pendant un moment, puis ça finit comme tout le reste : dans le cimetière des bonnes intentions. 🤣

​Et le plus drôle, c’est que j’adore créer des systèmes. Au cégep et à l'université, on me trouvait super organisée parce que tout était classé, trié, optimisé au quart de tour. Même mon agenda avait ses propres codes de couleurs, genre arc-en-ciel scientifique.

​Mais voici à quoi ressemble la vraie ligne du temps : Revenez me voir dans trois mois.

​L’organisation sera roulée en boule dans le fond de mon sac, mon agenda aura l’air d’un chantier de construction abandonné, j’aurai perdu la moitié de mes listes et mon super système infaillible ne fonctionnera plus du tout.

​Mais ne vous inquiétez pas : j’aurai probablement déjà commencé à en inventer un nouveau, persuadée cette fois-ci que ce sera le bon système. 🙃

​Et c'est la même chose dans la maison. J'adore trier, classer, tout configurer pour que tout soit beau et facile à voir quand on ouvre un placard. Pendant deux jours, mon garde-manger est une œuvre d'art minimaliste.

​Sauf qu'un ou deux mois plus t**d, le chaos a repris ses droits et les armoires se transforment en pièges à cons.

Le pire, c'est que je déteste par-dessus tout ouvrir le garde-manger ou le frigo et voir cet amoncellement de nourriture... un trop-plein chaotique qui m'agresse les yeux et l'esprit. Pourquoi on a besoin d'autant d'ingrédients pour cuisiner ?

​J'ai l'impression de passer ma vie à organiser, à tout recréer, puis à voir le château de cartes s'effondrer pour recommencer. Le mythe de Sisyphe, mais avec des boîtes de conserve, des bacs de rangement et des surligneurs pastel. 🥲

​Est-ce qu'il y a d'autres architectes de systèmes éphémères par ici, ou c'est juste mon cerveau qui carbure aux illusions d'ordre ? 👇

Sabrina entre les lignes 💚🖤💚

Il y a des livres qui finissent et qu'on range sur une tablette en passant à autre chose, et il y en a d'autres qui cont...
08/16/2026

Il y a des livres qui finissent et qu'on range sur une tablette en passant à autre chose, et il y en a d'autres qui continuent de nous trotter dans la tête.

C'est un peu ce qui m'est arrivé avec Et j'ai crié sur les murs de ta ville de Maé Senécal ... je l'ai fini il y a une semaine et il me reste dans la tête.

Riley est une jeune artiste qui s'est un peu perdue en chemin. Elle se retrouve dans un environnement où la survie prend toute la place, entourée de gens et de situations qui ne devraient pas être normales, mais qui finissent par le devenir quand on les vit assez longtemps...Et je pense que c'est ça qui m'a le plus frappée.

Cette façon qu'on peut avoir, quand on a été blessé, de finir par accepter des choses qu'on n'aurait jamais imaginé tolérer. Pas parce qu'on les trouve correctes. Mais parce qu'à force, on ne voit plus vraiment comment sortir de là. On s'habitue à survivre.

Puis il y a parfois des rencontres qui viennent déranger tout ça, des personnes qui nous font voir qu'il existe peut-être autre chose. Un peu de couleur dans un monde qui en manque cruellement... Mais même là, il reste le doute.

Est-ce que c'est vraiment une porte de sortie ou est-ce qu'on s'accroche simplement à quelque chose parce qu'on a trop envie d'y croire?

J'ai aussi beaucoup pensé à notre société en lisant ce roman. À toutes ces situations qu'on sait qui sont mauvaises, injustes ou carrément inacceptables, mais auxquelles on finit par s'habituer parce qu'on nous répète que c'est comme ça et qu'on n'y peut rien... un genre de renoncement collectif.

Et quand les personnes qui devraient protéger ne protègent pas toujours les bonnes personnes, dénoncer peut devenir trop risqué... Ça donne juste envie de baisser les bras... à quoi ça sert de se battre quand les dés sont pipés d'avance ?

C'est peut-être là que le roman m'a rejointe le plus. Parce qu'on n'a pas toujours besoin de sauver le monde pour faire une différence. Parfois, ça commence beaucoup plus petit.

Par une personne. Une présence. Un lien. Quelqu'un qui nous rappelle qu'on existe encore en dehors de ce qu'on a vécu.

Et finalement, c'est peut-être ça que je retiens le plus de cette lecture : même quand tout semble gris, il peut rester quelques petits endroits où la lumière réussit encore à passer.

Une lecture qui m'est restée en tête bien après avoir refermé le livre.

Sabrina entre les lignes 💚🖤💚

451 degrés Fahrenheit : c'est la température à laquelle un livre s'enflamme. Ce chiffre, qui donne son titre au roman de...
08/01/2026

451 degrés Fahrenheit : c'est la température à laquelle un livre s'enflamme. Ce chiffre, qui donne son titre au roman de Ray Bradbury, résume à lui seul tout l'enjeu du livre.

Après Le Meilleur des mondes, la suite logique était de lire Fahrenheit 451.

J'ai une profonde passion pour les dystopies depuis Hunger Games, et je ne sais pas pourquoi j'ai attendu si longtemps avant de lire ce grand classique.

On y découvre une société qui a choisi d'éliminer la nuance, la complexité et la lenteur. Les livres sont devenus des indésirables : ils font réfléchir, remettent en question et rendent parfois mélancolique.

Le bonheur y est presque devenu une obligation. Il faut être diverti, occupé, stimulé en permanence. S'arrêter pour penser est perçu comme une anomalie.

Les pompiers brûlent les livres et les maisons qui en cachent. Mais plus on avance dans le roman, plus on comprend qu'ils ne font qu'exécuter ce qu'on leur demande, sans se poser de questions... sauf Montag, qui m'a beaucoup rappelé le personnage principal de L'Idiot du village : celui qui voit ce que les autres refusent de voir.

La population est absorbée par des écrans géants omniprésents, cette fameuse "famille" avec qui l'on passe plus de temps qu'avec les vrais humains, par la vitesse, l'adrénaline et un flot continu d'informations qui laisse peu de place à la réflexion.

En lisant ce livre, la comparaison avec notre réalité est difficile à ignorer. D'un côté, des nouvelles anxiogènes et des débats qui doivent être simples, rapides et polarisants. De l'autre, notre téléphone dans les mains : ce divertissement de poche infini qui capte chaque moment de vide... et des algorithmes qui choisissent une partie de ce que nous voyons.

Et je sais que je ne suis pas au-dessus de tout ça. Moi aussi, je me laisse happer par la machine. Moi aussi, je vis dans le même monde.

Moi aussi, il m'arrive de fuir l'inconfort par le scrolling infini, la consommation ou toutes ces béquilles que notre société normalise pour rendre le quotidien plus supportable.

C'est peut-être pour ça que j'aime autant les dystopies. Elles ne prédisent pas l'avenir : elles grossissent certains traits de l'être humain pour nous obliger à les regarder de plus près.

Elles nous rappellent que la liberté ne disparaît pas toujours d'un seul coup. Elle peut aussi s'effriter doucement, au fil des habitudes et des compromis qui, pris isolément, semblent anodins... mais qui, mis bout à bout, finissent par transformer une société.

Dans un monde où la pensée critique demande un effort, où l'on réagit au quart de tour à une publication Facebook conçue pour susciter une réaction, et où le bruit est partout, s'accrocher à un livre devient un petit acte de résistance.

J'ai refermé Fahrenheit 451 en comprenant pourquoi il résonne encore autant aujourd'hui.

Non pas parce qu'il décrit notre société au millimètre près, mais parce qu'il pose des questions qui traversent le temps.

Et je crois que les bonnes questions valent parfois plus que les réponses.

Sabrina entre les lignes 💚🖤💚

Aujourd'hui, j'aimerais parler de tous ces deuils constants qu'impose une maladie invisible.De tous ces petits et grands...
07/28/2026

Aujourd'hui, j'aimerais parler de tous ces deuils constants qu'impose une maladie invisible.

De tous ces petits et grands deuils qu'il faut traverser un à un, souvent en silence, sans cérémonie, sans condoléances, sans rituel pour panser la plaie.

Il y a le deuil de la spontanéité.

Celui de ne plus pouvoir se réveiller un matin en disant : " On part gravir une montagne? " ou " Et si on faisait un road trip jusqu'en Gaspésie? "

Aujourd'hui, chaque décision passe d'abord par une question : Est-ce que j'aurai l'énergie? Et surtout : Quel sera le prix à payer demain?

Il y a le deuil des projets.

Celui de ne plus pouvoir dire oui à l'avance. Ou de dire oui... tout en sachant qu'il y a de fortes chances qu'il faille annuler à la dernière minute. Non pas par manque d'envie, mais parce que le corps aura décidé autrement.

Il y a le deuil de la personne que j'étais.

Cette planche de snowboard qui attend dans un coin de la maison en est le symbole. Je ne l'utilise plus, mais je ne suis pas encore capable de m'en départir. Comme si la vendre revenait à accepter qu'une partie de moi n'existe plus.

Il y a le deuil d'un corps qui fonctionnait.

Le deuil de marcher sans réfléchir. Celui d'acheter une canne en ayant l'impression de laisser un morceau de sa fierté derrière soi. Celui d'envisager un fauteuil roulant, non pas parce qu'on abandonne, mais parce qu'on aimerait simplement pouvoir profiter un peu plus longtemps d'une sortie. Le deuil de pouvoir rester debout... ou même assise... sans que le corps déclenche l'alarme.

Il y a le deuil du plaisir de manger.

Manger sans douleur. Sans reflux. Sans que les papilles changent les goûts. Sans que les intestins protestent à chaque repas. Ce qui était autrefois un plaisir devient peu à peu un terrain miné.

Il y a le deuil de la relation amoureuse d'avant.

Celle où l'on n'avait pas constamment l'impression d'être un poids. Celle où l'autre n'avait pas, malgré lui, à porter une partie de notre quotidien.

Il y a aussi le deuil de certaines amitiés.

Pas parce que l'amitié disparaît, mais parce que l'énergie manque. Parce que répondre à un message devient une montagne. Parce qu'on oublie des événements. Parce que l'incompréhension finit parfois par créer une distance que personne n'avait souhaitée.

Et il y a tous les autres deuils.

Ceux qu'on ne remarque même plus tellement ils sont devenus nombreux.

Parce qu'au fond, vivre avec une maladie invisible, ce n'est pas seulement vivre avec la douleur.

C'est apprendre à dire au revoir, encore et encore, à des morceaux de sa vie. À des projets. À des capacités. À des rêves. À certaines versions de soi.

Pendant que, de l'extérieur, le monde continue de tourner comme si rien n'avait changé. Et c'est peut-être ça, le plus difficile... Faire le deuil d'une personne qui est toujours vivante… mais qui ne pourra peut-être jamais redevenir celle qu'elle était.

Sabrina entre les lignes 💚🖤💚

La semaine dernière, j'ai osé commander un truc alimentaire sur Marketplace ! 🤯J'ai pris la chance parce que ça faisait ...
07/27/2026

La semaine dernière, j'ai osé commander un truc alimentaire sur Marketplace ! 🤯

J'ai pris la chance parce que ça faisait des semaines que je voyais passer ces dattes dans mon fil d'actualité, et disons que mon estomac me lançait des appels très convaincants 🤣

En fait, ce n'était même pas ma première expérience du genre ! Il y a quelque temps, j'avais aussi osé commander un gâteau « lait d'oiseaux » auprès d'une dame ukrainienne, et ça avait été une magnifique découverte. J'aime beaucoup cette idée de pouvoir voyager à travers la nourriture et découvrir des traditions préparées par des personnes qui les connaissent et les partagent avec passion.

Cette fois-ci, j'ai donc commandé, 72 heures à l'avance, des dattes fourrées auprès d'une personne vraiment gentille qui vient de Marrakech. La communication a été super facile, le service impeccable et le prix tout à fait correct.

On parle ici d'un produit fin : du vrai chocolat, de la pâte d'amandes à la fleur d'oranger, des noix… bref, que de bons ingrédients de qualité 🤤

Je trouve que la nourriture est une belle façon de voyager à peu de frais, et ces dattes sont juste trop délicieuses. J'ai une préférence pour celles enrobées de chocolat (la fleur d'oranger était un tout petit peu trop présente pour mes papilles capricieuses 😅), mais ça ne m'a absolument pas empêchée de les manger !

Alors voilà mon petit bonheur du jour… Comme quoi, parfois, il faut sortir des sentiers battus et oser pour découvrir de belles surprises.

Si vous êtes de Québec, je vous recommande les dattes Toch Chocolate sans hésiter !

Sabrina entre les lignes 🖤💚🖤

8000 abonnés😲🤯C'est quand même fou le nombre de personnes qui se sont retrouvées sur cette page dernièrement parce que j...
07/27/2026

8000 abonnés😲🤯

C'est quand même fou le nombre de personnes qui se sont retrouvées sur cette page dernièrement parce que je parle de mes problèmes de santé 😅

Mon état de santé se détériore depuis 6 ans, et je n'ai jamais vraiment voulu dire à quel point je ne me sentais pas bien... à quoi ça sert de se lamenter, hein?!

Je voulais être capable. M'en sortir toute seule, avec un peu de yoga, des marches, du temps, une formation en herboristerie...

Et à chaque fois, je tiens jusqu'à ce que mon dos et mes jambes refusent carrément de me tenir debout, ou que les crises de panique deviennent quotidiennes.

J'ai déjà travaillé avec une migraine. J'ai déjà eu un accident #2 pendant mon travail à cause du stress et du SII (syndrome de l'intestin irritable). J'ai travaillé en me tenant aux murs pour ne pas m'effondrer, ou en me cachant dans les toilettes pour pleurer un bon coup avant de retourner sur le plancher.

Je me suis écroulée en pleurs et en douleurs plus d'une fois, une fois la porte de la maison refermée, et il y a ces matins où les crises de panique débarquaient alors que mon corps était déjà en épuisement avant même que la journée commence.

On essaie de se pousser, d'être forte, de tenir le coup. Parce qu'on nous a appris à ne pas nous plaindre. À continuer coûte que coûte. À serrer les dents... parce qu'on nous a conditionné à croire que notre valeur passe par notre productivité.

Mais je ne veux pas que cette page devienne un endroit où il n'y a que la maladie.

La maladie fait partie de ma vie. Elle n'est pas toute ma vie.

Je veux continuer d'y montrer le beau. Les récoltes du jardin. Les livres que je découvre. Les réflexions qui me font grandir. Les moments avec mes enfants. Les petites joies, les grandes remises en question, les recettes improvisées, les fous rires, et tout ce qui fait de moi une humaine.

Parce que la vie n'est jamais qu'une seule chose.

Elle n'est pas faite de gens courageux d'un côté et de paresseux de l'autre. De gagnants et de perdants. De personnes fortes et de personnes faibles.

Elle est faite de nuances. De réalités différentes. De combats invisibles. De petits bonheurs qui cohabitent avec de grandes souffrances.

Et si Sabrina entre les lignes existe, c'est peut-être pour ça.
Pour rappeler qu'il est possible de parler de la douleur sans oublier la beauté. De reconnaître les difficultés sans cesser de s'émerveiller.

Et que derrière chaque personne se cache une histoire infiniment plus nuancée que ce qu'on peut voir au premier regard.

Merci de me lire, de commenter et de liker mes textes. ❤️

Sabrina entre les lignes 💚🖤💚

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