09/03/2026
Quand nos outils finissent par nous contrôler...
Je lis présentement La Convivialité, d’Ivan Illich, après avoir vu un reel de Léo Commune et honnêtement… j’ai parfois l’impression que ce livre n’a pas été écrit en 1973 mais qu’Illich l’a écrit la semaine dernière. 😅
On passe notre temps à parler de notre dépendance aux écrans, aux téléphones, aux algorithmes… mais Illich va beaucoup plus loin que ça. Il nous amène à réfléchir à notre relation avec les outils.
À quel moment est-ce qu’on est passé de j’utilise un outil à je dois m’adapter à l’outil ? Et par outil, on parle autant de l'objet que de l'institution comme l'école ou la médecine.
À quel moment est-ce qu’un outil qui était supposé nous rendre plus autonomes commence tranquillement à faire l’inverse?
Illich fait une distinction entre ce qu’il appelle les outils conviviaux, qui restent à notre service et nous permettent de conserver notre autonomie, et les systèmes industriels qui finissent par devenir tellement gros et complexes qu’on n’a plus vraiment le choix de fonctionner à l’intérieur de leurs règles.
Et c’est là que je me suis dit ok… 1973? Vraiment? On a dérapé depuis 😅
Parce que cette réflexion me semble encore plus actuelle aujourd'hui.
On crée des outils pour nous faire gagner du temps, des machines pour nous faciliter la vie, des systèmes pour nous offrir davantage de possibilités, et tranquillement, on se retrouve à organiser notre vie autour d’eux, a perdre notre autonomie, notre créativité et notre liberté.
L’exemple le plus flagrant reste peut-être la voiture. Cet outil qui devait nous faire gagner du temps et nous donner plus de liberté, mais qui finit par nous emprisonner quotidiennement dans des bouchons parce qu’on habite de plus en plus loin de notre travail.
Et ce n’est pas seulement le temps passé dans le trafic. C’est l’essence, les assurances, l’immatriculation, les réparations et les entretiens qu’on ne peut parfois plus faire nous-mêmes parce que les voitures sont devenues tellement plus complexes. Jusqu’à devoir payer des abonnements mensuels pour avoir accès à certaines fonctions de notre propre voiture, comme les bancs chauffants ou le démarrage à distance.
Plus on crée de technologies pour nous faciliter la vie, plus on semble parfois avoir besoin de spécialistes pour simplement les faire fonctionner.
On devrait peut-être se demander : Est-ce que cet outil me rend plus autonome… ou est-ce qu’il me rend dépendant de lui ? Ou de l'industrie qui le produit.
C’est cette partie-là de ma lecture qui me reste dans la tête.
À quel moment on a cessé d'être maître de nos vies pour devenir esclaves de nos "outils" ?
Et franchement… si un livre écrit il y a plus de 50 ans me fait regarder mon téléphone, nos outils et notre façon de fonctionner collectivement avec un petit sentiment de "on l'a échappé à quelque part", je pense qu’il mérite qu’on s’y att**de.
Je continue ma lecture. Et j’ai comme l’impression que je vais avoir encore pas mal de choses à dire sur ce livre!
Sabrina entre les lignes 🖤💚🖤